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Beaucoup de professionnels utilisent ces termes en santé au travail alors qu’ils proviennent, à l’origine, de la santé publique. Cette confusion conduit parfois à qualifier de « prévention » des actions qui relèvent en réalité de la réparation ou du soin.
Table
Les 3 niveaux de prévention : une classification issue de la santé publique
L’histoire de la prévention primaire, secondaire et tertiaire remonte à l’Antiquité. Lorsque les médecins grecs ont souligné l’importance de prévenir les maladies en adoptant un mode de vie sain. Cependant, il faut attendre le XXe siècle pour que ces concepts se formalisent et intègrent les politiques de santé publique.
La notion de prévention évolue au fil du temps et les scientifiques, les épidémies et les changements sociaux et politiques influencent cette notion.
En 1948, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) classe les actions de prévention selon le stade d’évolution de la maladie :
- prévenir son apparition ;
- la détecter précocement ;
- limiter ses conséquences.
Plus précisément « la prévention est l’ensemble des mesures visant à éviter ou réduire le nombre et la gravité des maladies, des accidents et des handicaps ». Ainsi, il en va de la mise en œuvre de mesures de prévention pour empêcher l’apparition des pathologies jusqu’à leur thérapeutique, et éventuellement, la réinsertion sociale des malades.
Cette classification est toujours utilisée aujourd’hui dans le domaine médical et les politiques de santé publique.
1. La prévention primaire : agir avant que le problème n’apparaisse
La prévention primaire consiste à supprimer ou réduire les facteurs de risque avant qu’ils ne provoquent une maladie ou un accident.
Exemples en santé publique
- vaccination ;
- lutte contre le tabagisme ;
- alimentation équilibrée ;
- activité physique.
En entreprise
C’est également la logique du Code du travail :
- supprimer un danger ;
- remplacer un produit dangereux ;
- installer une protection collective ;
- concevoir un poste ergonomique ;
- former les salariés.
- ? On agit sur les causes.
2. La prévention secondaire : détecter précocement
Elle émerge avec l’apparition et la progression des maladies chroniques, telles que les maladies cardiaques, le cancer et le diabète.
Lorsque la maladie peut déjà être présente, l’objectif devient de la repérer le plus tôt possible afin d’éviter son aggravation.
Exemples :
- dépistage du cancer ;
- contrôle de la tension artérielle ;
- dépistage du diabète.
L’objectif n’est plus d’empêcher l’apparition de la maladie mais d’intervenir rapidement.
3. La prévention tertiaire : limiter les conséquences
Le concept de prévention tertiaire a été développé en dernier, avec l’accent mis sur la réadaptation et la récupération des patients atteints de maladies chroniques. L’objectif était de réduire les conséquences à long terme d’une maladie et d’améliorer la qualité de vie des patients.
Exemples :
- rééducation après un AVC ;
- suivi d’un diabète ;
- maintien dans l’emploi ;
- accompagnement psychologique.
On parle davantage de prise en charge que de prévention au sens strict.
Pourquoi ces notions prêtent elles à confusion en entreprise ?
Dans de nombreuses entreprises, on entend encore :
« Nous faisons de la prévention secondaire car nous formons les salariés au port des EPI. »
« Dans notre DUERP, nous avons identifié les 3 niveaux de prévention »
« Nous proposons comme une action de prévention, une cellule psychologique et un numéro vert pour solutionner les Risques liés aux facteurs psychosociaux RPS. »
En réalité, ces expressions sont souvent utilisées de manière imprécise et ne sont pas appropriés en entreprise.
Le Code du travail impose d’abord d‘agir sur les causes des risques professionnels en évaluant les situations de travail réels et en appliquant les principes généraux de prévention : supprimer le danger, combattre le risque à la source, adapter le travail à l’homme et privilégier les protections collectives.
Cette logique correspond à une démarche de prévention qui ne peut être que primaire.
Alors, la prévention secondaire et tertiaire existent-elles en entreprise ?
Pas vraiment car elles relèvent principalement des professionnels de santé.
Par exemple :
Prévention secondaire
- visites médicales ;
- dépistage des maladies professionnelles ;
- surveillance médicale renforcée.
Prévention tertiaire
- maintien dans l’emploi ;
- réadaptation ;
- visite médicale d’urgence pour un salarié en situation de risque (ex : alcoolisme, choc émotionnel…) ;
- accompagnement après un accident du travail ou une maladie professionnelle.
Ces actions sont indispensables, mais elles interviennent lorsqu’il y a déjà eu des effets sur la santé des salariés.
Ce qu’il faut retenir
| Niveau | Objectif | Exemple |
|---|---|---|
| Prévention primaire | Empêcher le risque | Supprimer un danger, installer une protection collective |
| Prévention secondaire | Détecter précocement | Dépistage, surveillance médicale |
| Prévention tertiaire | Limiter les conséquences | Rééducation, maintien dans l’emploi |
En résumé
Lorsqu’on parle de prévention des risques professionnels, le véritable enjeu consiste à agir avant que les salariés ne soient exposés.
La meilleure prévention reste celle qui rend l’accident ou la maladie impossible.
C’est pourquoi la prévention primaire constitue le fondement de toute démarche de prévention efficace et durable.
Je vous propose une vidéo pour illustrer cet article
Au fil des années, la notion de prévention évolue pour inclure des approches plus sophistiquées qui prennent en compte les facteurs environnementaux, sociaux et économiques qui influencent la santé.
Aujourd’hui, la promotion de la santé est considérée comme un aspect essentiel de la prévention, notamment sur les maladies : obésité, le tabagisme, addictions, VIH….
Ces concepts restent des piliers importants des politiques de santé publique.
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En entreprise, on fait et on doit faire de la PREVENTION et bien évidemment vous l’aurez compris, elle ne peut être que primaire. Seuls les médecins du travail peuvent aller sur la prévention secondaire et tertiaire. Ces 3 préventions ne s’appliquent pas au monde du travail, elles ont été créées pour la santé publique. C’est pourquoi la prévention en entreprise ne peut être que primaire.
