Calculette gratuite TF / TG
Outil gratuit de prévention
Calculez votre taux de fréquence et votre taux de gravité
Choisissez une même période de référence — par exemple une année civile — puis renseignez les trois données ci-dessous.
Additionnez toutes les heures réellement travaillées pendant la période par l’ensemble des salariés de l’entreprise ou de l’établissement.
N’intégrez pas les congés, les absences, les arrêts de travail ou les heures non travaillées.
Indiquez le nombre d’accidents du travail reconnus ayant donné lieu, pour la première fois pendant la période, à une prise en charge par l’Assurance Maladie.
En pratique, il s’agit principalement des accidents avec arrêt, avec incapacité permanente ou mortels. N’intégrez pas les accidents de trajet.
Additionnez la durée de tous les arrêts liés aux accidents du travail pris en charge pendant la période.
Pour rester cohérent avec les statistiques AT/MP, utilisez de préférence le nombre de journées d’incapacité temporaire figurant dans vos données de sinistralité. À défaut, comptez les jours calendaires d’arrêt indemnisés, week-ends et jours fériés compris, et non uniquement les jours normalement travaillés.
Taux de fréquence
—
accidents du travail en premier règlement par million d’heures travaillées
Le TF mesure la fréquence de survenue des accidents du travail.
TF = accidents en premier règlement × 1 000 000 ÷ heures travaillées
Taux de gravité
—
journées perdues pour 1 000 heures travaillées
Le TG mesure le volume d’incapacité temporaire lié aux accidents du travail.
TG = journées perdues × 1 000 ÷ heures travaillées
Table
Qu’est-ce que le taux de fréquence ?
Le taux de fréquence (TF) est l’un des principaux indicateurs utilisés pour suivre la sinistralité des accidents du travail. Il exprime le nombre d’accidents du travail en premier règlement rapporté à un million d’heures travaillées.
Il permet notamment :
- de suivre l’évolution de la sinistralité d’une entreprise ;
- de comparer plusieurs établissements de taille différente ;
- de comparer une entreprise avec son secteur d’activité.
Comment calculer le taux de fréquence ?
Le calcul du TF = (Nombre d’accidents du travail en premier règlement × 1 000 000) / Nombre d’heures travaillées
Le TF est calculé à partir des accidents du travail en premier règlement, c’est-à-dire les accidents ayant donné lieu, pour la première fois pendant la période considérée, à une prise en charge par votre système de protection sociale. Beaucoup de personnes pensent qu’il faut simplement compter les accidents avec arrêt.
Heures travaillées : Il s’agit de l’ensemble des heures réellement travaillées par tous les salariés pendant la période étudiée.
Qu’est-ce que le taux de gravité ?
Le taux de gravité mesure les conséquences des accidents du travail. Contrairement au TF qui mesure leur fréquence, le TG mesure leur gravité à travers le nombre de journées perdues.
Comment calculer le taux de gravité ?
Calcul du TG = (Nombre de journées perdues × 1 000) / Nombre d’heures travaillées
Les journées perdues correspond aux nombres de jours de la durée des arrêts de travail.
Quelle différence entre TF et TG ?
| TF | TG |
|---|---|
| Mesure la fréquence | Mesure la gravité |
| C’est à dire la probabilité d’avoir un accident du travail dans l’entreprise, plus le taux est haut, plus le risque d’avoir un accident est élevé | C’est à dire la probabilité d’avoir un accident du travail grave dans l’entreprise, plus le taux est haut, plus le risque d’avoir un accident grave est élevé. |
Comment interpréter les résultats ?
TF élevé et TG bas, l’entreprise a beaucoup d’accident du travail, mais plutôt sans gravité, des « gros bobos ».
TG élevé et TF bas, l’entreprise a peu d’accident du travail mais ils sont graves donc avec des séquences physiques et/ou mentales sur les salariés.
TG élevé et TF élevé, l’entreprise a beaucoup d’accident du travail et ls sont graves. La situation est préocupante.
Des chiffres élevés peuvent traduire :
- une activité très accidentogène ;
- un système de déclaration performant ;
- une dérive des risques ;
- une démarche de prévention éloignée du travail réel ;
- des mesures de prévention ne respectant pas les 9 principes généraux de prévention.
Le calcul d’un indicateur ne prend son sens que s’il est relié à des objectifs, à des critères d’évaluation et à des actions de prévention, et qu’il doit être interprété collectivement.
Si vous souhaitez avec des éléments statistiques nationales de comparaison, vous pouvez consulter les chiffres de l’Assurance Maladie à partir de votre code NAF.
Les dérives du pilotage par les indicateurs :
Cependant, il faut faire attention aux possibles dérives :
- un indicateur n’est pas un objectif ;
- un indicateur n’analyse pas ce qui se passe réellement sur les situations de travail et ne permet pas de faire progresser la prévention dans l’entreprise ;
- agir uniquement sur l’indicateur ne réduit pas les risques ;
- les entreprises de moins de 500 salariés, les indicateurs de sinistralité peuvent varier fortement à la hausse comme à la baisse à la suite d’un seul accident ou d’une seule maladie professionnelle. Leur interprétation doit donc être réalisée avec prudence et analysée sur plusieurs années ;
- les accidents de trajet peuvent être intégrés pour un pilotage plus ;
- la prévention doit agir sur les situations de travail, pas seulement sur les statistiques.
ATTENTION :
❌ Inciter les salariés à ne pas déclarer les accidents.
Attention : la sous-déclaration ou la fausse déclaration des accidents du travail n’est pas sans conséquence. En application de l’article L. 114-17-1 du Code de la sécurité sociale, toute fausse déclaration portée sur la déclaration d’accident du travail ou tout non-respect par l’employeur de ses obligations relatives à cette déclaration ou à la remise de la feuille d’accident à la victime peut donner lieu à une pénalité financière prononcée par l’Assurance Maladie. Le montant de cette pénalité est fixé en fonction de la gravité des faits et peut être majoré en cas de fraude ou de récidive.
❌ Externaliser les activités les plus dangereuses.
❌ Recourir davantage à l’intérim pour faire baisser artificiellement les taux.
La prévention ne consiste pas à améliorer artificiellement les indicateurs. Faire pression pour qu’un accident ne soit pas déclaré en accident du travail, ou transformer un accident du travail en arrêt maladie, est non seulement contraire à l’objectif de prévention, mais expose également l’employeur à des sanctions.
Un « bon » taux de fréquence obtenu par la sous-déclaration des accidents n’est pas un bon indicateur de prévention. Au contraire, une entreprise qui déclare correctement ses accidents dispose d’une base fiable pour analyser les causes, mettre en œuvre des actions de prévention efficaces et réduire durablement les risques professionnels. Ces pratiques peuvent améliorer l’indicateur sans améliorer la sécurité réelle.
Pourquoi le TF et le TG ne suffisent plus à piloter la prévention ?
| Indicateurs « accidents » | Aller plus loin avec les Indicateurs « santé au travail » |
|---|---|
| Taux de fréquence (TF) | Nombre de maladies professionnelles reconnues et accidents de trajet |
| Taux de gravité (TG) | Répartition par type de MP (TMS, RPS, amiante, bruit…) |
| Nombre d’accidents | Jours d’arrêt liés aux MP, accidents de trajet |
| Accidents graves | Taux d’incapacité permanente |
| Coût des AT | Coût des MP |
Un bon tableau de bord prévention ne doit pas se limiter aux accidents du travail. Il doit intégrer les maladies professionnelles, les presque-accidents, les situations dangereuses et des indicateurs de prévention (formations, analyses, actions réalisées, visites terrain, etc.).
Quels autres indicateurs suivre ?
Les indicateurs réactifs (TF, TG, accidents, maladies professionnelles…) doivent être complétés par des indicateurs proactifs, qui mesurent les actions de prévention avant qu’un accident ne survienne. L’INRS recommande d’associer ces deux familles d’indicateurs pour piloter efficacement la prévention.
Par exemple :
- nombre de visites terrain réalisées ;
- pourcentage d’actions du plan de prévention clôturées ;
- nombre de presque-accidents signalés ;
- salariés formés ;
- observations sécurité ;
- mises à jour du DUERP ;
- nombre de situations de travail analysées ;
- audits réalisés.
