80 % des accidents seraient liés au comportement.
C’est sur cette idée que reposent la visite comportementale sécurité.
Sur le papier, l’approche paraît logique : observer les salariés, corriger les écarts, faire évoluer les pratiques.
En réalité, cette méthode de visite passe souvent à côté de l’essentiel : le travail lui-même.
Car à force de regarder les comportements, on oublie une question centrale en prévention :
👉 dans quelles conditions ces comportements apparaissent ils ? pourquoi un salarié s’expose à un danger ?
Dans cet article, je vous propose de revenir sur ce qu’est réellement une visite comportementale de sécurité, pourquoi elle séduit autant… et surtout pourquoi elle montre rapidement ses limites dès qu’on s’intéresse au travail réel.
80 % des accidents seraient liés au comportement.
C’est sur cette idée que reposent les visites comportementales de sécurité.
Et c’est précisément là que le problème commence.« détecter les gestes non sûrs »,
« vigilance partagée »,
« feed-back Positif »,
« aborder positivement la prévention sous l’angle comportemental »,
« corriger avec un dialogue mêlant : Autorité et Bienveillance »,
Que d’arguments pour vous convaincre :
Alors bonne ou mauvaise idée, voyons ensemble, quel est cet outil, répond-t-il aux enjeux de prévention ?
Table
C’est quoi une Visite Comportementale Sécurité (version officielle)
Tout d’abord, vous devez être formés, évidemment, on n’est pas assez savant, pour l’appliquer sans formation.
Généralement, ça dure 1 à 2 jours et c’est entre 400 à 1000€ par salarié formé, plus les frais additionnel (salaires, déplacements).
Cette formation n’est cadrée par aucun référentiel national. Chaque organisme vend ce qu’il veut, je dirais plutôt ce qu’il peut, en fonction de ses connaissances, de ses expériences et de ses formateurs.
Le principe de base : établir le lien entre les accidents du travail et le comportement humain dans l’idée de faire changer les comportements.
Les objectifs :
– passer d’une sécurité subie à une sécurité choisie ;
– comprendre les mécanismes influençant les comportements au travail ;
– intervenir et agir sur les comportements ;
– déclencher l’engagement du salarié.
Partant de ce postulat, les organismes construisent des grilles, qui vont permettre (généralement aux cadres, chefs d’équipe) de contrôler (n’ayons pas peur des mots) les salariés à leur poste de travail.
Pourquoi ça séduit les entreprises
- L’identification des gestes sûrs et non sûrs ;
- La compréhension de la prise de risques ;
- Les facteurs d’accidents comportementaux ;
- Les principes de la VCS : bienveillance, responsabilisation…
- Les méthodes et astuces pour dialoguer en matière de sécurité.
Pourquoi ça ne fonctionne pas
Évidemment si vous me suivez, vous savez que c’est une MAUVAISE idée, je m’explique 😔.
Premièrement : C’est culotté d’appelé ça une visite, je vous renvoie à la vidéo le sens des mots, idem pour la bienveillance. Dans certaines entreprises, ça conduit à des sanctions professionnelles.
Deuxièmement : A aucun moment on parle du travail, de situations de travail dangereuses à risques.
Troisièmement : C’est uniquement centrer sur faire changer les comportements du salarié, comme si l’employeur pensait se déresponsabiliser, c’est une obligation de l’employeur.
Quatrièmement : penser qu’en signifiant à un salarié un problème de comportement, il va mieux l’accepter et ne pas le vivre comme une contrainte, est utopique.
Cinquièmement : Seules les mauvaises analyses d’accident du travail, révèlent que l’accident est lié au comportement du salarié.
Sixièmement : l’impact psychologique sur les salariés, vécu comme un flicage, culpabilisant
On a besoin de contrôler, de faire ces visites pour dialoguer sur les risques professionnels ? Ce n’est absolument pas positif, quand on aborde les problèmes sous l’angle comportemental, c’est juste pointer du doigt le fautif.
« CORRIGER avec un dialogue mêlant Autorité et Bienveillance » 😱 : corriger, autorité et bienveillance, que des mots qui donne clairement le ton. J’ai laissé volontairement le graphisme. Quand on corrige, c’est que c’est faux, dialogue et autorité 🤔.
Septièmement : comme ça ne correspond pas au code du travail, en cas de survenue d’un accident de travail ou une maladie professionnelle, l’employeur reste responsable L.4121-1 et avoir mis en place des VCS ne lui permettra pas de justifier au tribunal qu’il a attient son obligation de résultat et en plus les 9 principes généraux ne sont pas mis en œuvre.
Huitièmement : ça ne répond absolument pas aux étapes d’une démarche de prévention et encore moins des mesures de prévention, le facteur comportemental ne fait pas partie des principes généraux de prévention prévus au code du travail.
Neuvièmement : le déni du risque existe et heureusement car certains salariés ne pourraient pas exercer leur métier s’ils n’étaient pas le déni.
Exemple : du couvreur sur un toit, pour continuer d’exercer son travail, il minimise ses efforts face aux risques, il surévalue ses capacités à le prévenir et il sous estime le risque.
Comportement face au risque :

Dixièmement : il n’y a même plus de culture d’entreprise et on voudrait nous faire croire qu’on va instaurer une culture de prévention grâce aux VCS, qui ont une approche dégradée vis à vis du dialogue social.
Ce qu’on oublie : le travail réel
- Faire des analyses d’accident de travail à partir de l’ensemble des faits ;
- Evaluer les risques en observant, en échangeant avec les salariés en poste ;
- Identifier les dangers dans les situations de travail
- Agir sur les dangers, l’exposition du salarié, sur l’organisation du travail, améliorer la technique… en conduisant des actions de prévention
- Former le salarié aux nouvelles mesures à appliquer pour protéger sa santé, à partir de ce moment ça devient une obligation contractuelle pour le salarié d’appliquer les mesures de prévention
- Si les mesures ne sont pas appliquées, comprendre pourquoi, un salarié a toujours une explication logique, il ne vient pas au travail pour se faire mal et encore moins pour se tuer.
Vous voulez aller plus loin que l’observation des comportements ?
La prévention efficace ne consiste pas à corriger les individus, mais à comprendre les situations de travail réelles.
Pour vous aider, j’ai conçu des outils simples et opérationnels pour :
- analyser une situation de travail
- identifier les causes réelles des risques
- construire des actions de prévention à la source

