Chaque année, les salariés intérimaires restent sur-représentés dans les accidents du travail, en particulier lors des premiers jours de mission.
Pour les entreprises, l’accueil d’un intérimaire n’est donc ni une formalité administrative, ni une simple transmission de consignes : c’est un enjeu majeur de prévention des risques professionnels, engageant directement la responsabilité de l’entreprise utilisatrice.
Cet article vous propose un décryptage clair et opérationnel des obligations réglementaires applicables à l’accueil des intérimaires, avec un focus particulier sur les postes à risques particuliers.
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L’intérim est une ressource précieuse pour les entreprises. Pourtant, les statistiques d’accidents du travail montrent une réalité persistante : les salariés intérimaires sont plus exposés aux risques professionnels.
Pour les entreprises, l’accueil d’un intérimaire ne peut donc pas se limiter à une formalité administrative. Il s’agit d’un véritable acte de prévention, encadré par le Code du travail et largement documenté par l’INRS.
Voici les obligations essentielles à maîtriser côté entreprise utilisatrice, pour sécuriser l’accueil des intérimaires… et éviter des conséquences lourdes.
1. Identifier les postes à risques particuliers
Avant même l’arrivée d’un intérimaire, l’entreprise utilisatrice doit analyser le poste de travail confié.
Selon la circulaire DRT n°90-18 du 30 octobre 1990, sont notamment considérés comme postes à risques particuliers :
- les postes reconnus comme dangereux,
- ceux exposant à certains risques (travaux en hauteur, produits chimiques, bruit, vibrations…),
- les postes nécessitant une formation réglementaire spécifique,
- les postes ayant déjà été à l’origine d’accidents ou de maladies professionnelles,
- ou encore ceux nécessitant un suivi individuel renforcé de l’état de santé.
👉 Cette étape conditionne tout le reste : formation, habilitations, suivi médical, mesures de prévention, moyens de protection…
2. Établir et tenir à jour la liste des postes à risques
L’article L.4154-2 du Code du travail impose à l’entreprise utilisatrice de dresser la liste des postes présentant des risques particuliers.
Cette liste doit être :
- établie après avis du médecin du travail et du CSE,
- tenue à disposition de l’inspection du travail,
- cohérente avec le DUERP.
💡 Une liste absente ou obsolète est une non conformité réglementaire et un point de fragilité majeur en cas d’accident.
3. Mettre en place un accueil structuré de l’intérimaire
Aucune disposition réglementaire n’impose une procédure formalisée d’accueil… mais l’absence d’organisation est un facteur de risque reconnu.
Définir les choses permet de les prévenir :
- désigner un référent d’accueil,
- expliquer l’environnement de travail,
- présenter les risques spécifiques du poste,
- mettre en place un tutorat si nécessaire.
👉 L’accueil est souvent le premier maillon défaillant lors des accidents impliquant des intérimaires.
4. Dispenser une formation pratique et appropriée
Conformément à l’article L.4141-2 du Code du travail, l’entreprise utilisatrice doit assurer une formation pratique et appropriée au poste.
Elle doit porter notamment sur :
- les modes opératoires,
- les risques encourus et les mesures de prévention à appliquer,
- les gestes opérationnels,
- les règles de circulation dans l’entreprise,
- l’organisation des secours,
- la conduite à tenir en cas d’accident.
⚠️ Une simple transmission orale, un e-learning ou un livret remis sans explication ne suffit pas.
5. Organiser une formation renforcée à la sécurité si nécessaire
Pour les intérimaires affectés à des postes à risques particuliers, l’article L.4142-2 du Code du travail impose une formation renforcée à la sécurité, en complément de la formation pratique.
Cette formation :
- est renouvelée à chaque nouvelle mission,
- doit être adaptée au poste réel,
- engage directement la responsabilité de l’entreprise utilisatrice.
- En cas de manquement, la faute inexcusable peut être reconnue.
6. Fournir et contrôler les équipements de protection individuelle
L’entreprise utilisatrice est responsable de la fourniture des EPI, conformément à l’article L.1251-23 du Code du travail.
Elle doit :
- fournir les EPI adaptés,
- former à leur utilisation,
- vérifier leur conformité,
- s’assurer de leur usage effectif.
👉 La responsabilité ne s’arrête pas à la remise du matériel.
7. Transmettre les bonnes informations à l’entreprise de travail temporaire
La prévention de l’intérim repose sur une coopération étroite entre l’ETT et l’entreprise utilisatrice.
Les informations essentielles à transmettre portent notamment sur :
- les risques du poste,
- les qualifications exigées,
- les formations nécessaires,
- les EPI requis,
- les facteurs de pénibilité éventuels.
En conclusion
L’accueil d’un intérimaire n’est ni accessoire ni secondaire. Pour les responsables HSE, il constitue un levier majeur de prévention des accidents, mais aussi un enjeu de responsabilité juridique.
👉 Pour aller plus loin, tu peux t’appuyer sur notre check-list opérationnelle d’accueil d’un intérimaire, conçue pour sécuriser chaque étape de la mission :
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Un intérimaire bien accueilli, formé et équipé est un salarié protégé, mais aussi une entreprise mieux sécurisée.
Ce qu’il faut retenir pour sécuriser l’accueil des intérimaires
✔️ Identifier et formaliser les postes à risques particuliers
✔️ Adapter la formation au niveau de risque du poste
✔️ Ne jamais banaliser l’accueil sécurité d’un intérimaire
✔️ Tracer systématiquement les actions de prévention
✔️ Travailler en lien étroit avec l’ETT, le CSE et le service de santé au travail
👉 Un intérimaire bien accueilli, c’est un risque maîtrisé, un accident évité et une responsabilité sécurisée.
Je vous recommande la vidéo : Accueillir un intérimaire : obligations réglementaires et bonnes pratiques de prévention

